Des étincelles dans la noirceur du monde

« La femme en vert » Arnaldur Indriðason , 2006

Résumé

En Islande, un enfant fête ses huit ans, tous ses copains sont présents, ils s’amusent dans le jardin. La fête bat son plein, les rires et les cris joyeux sont signes d’une ambiance légère. En fin d’après-midi, un des parents vient chercher son fils, il s’aperçoit alors qu’une petite fille est en train de ronger quelque chose. Il s’approche et observe ce qu’elle a dans la bouche. Étudiant en médecine, il comprend rapidement qu’il s’agit d’une côte humaine.

On appelle la police et le commissaire Erlandur arrive avec son équipe sur les lieux. Il s’agit d’un squelette, c’est confirmé mais il est impossible de savoir s’il s’agit d’un homme ou d’une femme ni de le dater.

Le commissaire est donc obligé de faire appel au service d’archéologie afin que la scène de crime ne soit pas polluée et que la datation, puis l’identification soient faites correctement. Le chef de ce service est très tatillon et procède couche de terre par couche de terre, ce qui met à rude épreuve les nerfs du commissaire qui entre-temps reçoit un appel au secours étrange de sa fille, Eva-Lind avec laquelle il a peu de contact.

Il part donc à la recherche de sa fille car elle est enceinte et droguée, il doit remonter sa piste : une deuxième enquête en parallèle.

Au fil de l’histoire et de l’enquête, le lecteur découvre aussi la vie difficile d’une mère de famille battue par son mari dans les années trente, habitant une maison en haut d’une colline dans la périphérie de Reykjavik.

Critique

A partir de cette situation énigmatique, Arnaldur Indriðason va articuler son roman entre l’enquête policière actuelle et la vie de cette famille vivant dans les années trente. Un va-et-vient entre présent et passé pas toujours facile à suivre pour le lecteur. Les transitions ne sont parfois pas évidentes. Mais c’est sur ce jeu de ping-pong que l’auteur tient le lecteur en haleine. Le suspense demeure jusqu’au bout : à peine on construit, à peine on imagine des scénarii, qu’ils sont anéantis par un témoignage ou un indice.

L’autre particularité de ce roman ne réside pas seulement dans le nombre important de personnages, mais leurs noms, si islandais ! Pour vous donner un aperçu voici les noms des trois enquêteurs principaux sur cette affaire : Erlendur le commissaire, Sigudur Oli un adjoint qui ne souhaite surtout pas ressembler à son chef et Elinborg, une des rares femmes inspectrices. Sans oublier l’archéologue tatillon Skarphédinn !

L’enquête avançant lentement, Erlendur peut ainsi partir à la recherche de sa fille. Ce qui offre au lecteur l’opportunité de découvrir son histoire personnelle, les événements et les choix qui l’ont marqués. L’auteur donne de la profondeur et de l’humanité à chacun de ses personnages. Il traite avec un grand réalisme les étapes de vie, les force et les fragilités de ceux-ci. Il nous montre avec justesse et doigté comment les événements inattendus de nos vies, un deuil, une séparation ou encore une naissance peuvent nous faire prendre des virages irréversibles, dans tous les sens du terme.

Le remords vous ronge, comme des métastases cancéreuses qui finissent par avoir raison de vous.

Avis

Une connaissance libraire m’a offert ce livre en me disant qu’en tant qu’amatrice de polars scandinaves, je devais absolument lire « La femme en vert » et découvrir le style particulier d’Arnaldur Indridasson. Elle m’a offert une édition collector faite par les éditions points. Sur la quatrième de couverture il n’y a pas de résumé, juste cette citation:

Il est faux de croire que personne ne sait rien, dit Erlendur. Il y a toujours quelqu’un qui sait quelque chose.

J’ai alors commencé cette lecture avec aucune indication sur la thématique de l’histoire, ni du style de l’auteur, ayant juste appris qu’il est très connu et qu’il a reçu de nombreux prix pour ce roman.

Une fois encore, je ne suis pas restée insensible au charme islandais !

J’ai parfois été glacée par le dur réalisme avec lequel l’auteur traite et présente la thématique de la maltraitance domestique.  Mais j’ai été agréablement surprise de découvrir tout un pan de l’histoire islandaise de la deuxième guerre mondiale.

On ne lit donc pas ce livre comme une énième enquête policière résolue, ni comme un polar distractif. Ce roman nous embarque dans l’histoire de l’Islande durant la deuxième guerre mondiale. L’auteur met le doigt sur les enjeux sociétaux de la fin des années trente : difficultés du travail en usine, espoir d’un nouveau monde ou encore recherche d’émancipation pour les femmes.

En ouvrant ce roman, je ne m’étais pas préparée à ça. Je ne m’attendais pas à lire un plaidoyer contre la violence conjugale, ni un roman historique sur l’Islande.

« La femme en vert » montre que dans la noirceur du monde, il y a toujours des étincelles d’espoir, des étoiles vertes qui brillent…

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